L’instinct a quelque chose de relaxant :¬†il permet de vivre chaque instant comme il est. L’enfant vit le moment pr√©sent, de mani√®re instinctive, jusqu’√† ce que l’empreinte de l’√©ducation et des relations sociales l’am√®ne √† se conformer aux r√®gles √©dict√©es par la raison. Il passe alors de l’intuition – sentiment qu’il devrait faire telle chose plut√īt que telle autre – √† l’intention, cette volont√© de faire, parfois anxiog√®ne en ce qu’elle pose un enjeu, ce dernier √©tant susceptible d’√©chec.

Mon enfant int√©rieur doit √™tre encore bien vivace, car mon esprit rationnel ancr√© en terre cohabite en harmonie avec les messages que m’envoie r√©guli√®rement mon intuition, celle du cŇďur, plus claire que mon obscure raison. Il me semble ainsi disposer d’un instrument du bonheur.

Dans les deux cas, il s’agit d’aller vers (¬ę¬†in¬ę¬†) mais ma direction sera tout √† fait diff√©rente et, tout comme si je visitais un pays, je risque de passer √† c√īt√© de lieux essentiels ou de points de vue pharamineux, en fonction du guide sollicit√©.

J’ai toujours eu ce que l’on appelle de l’intuition, mais sans oser m’y fier en priorit√© car l’inqui√©tude de me tromper et le besoin de contr√īler bridaient une certaine audace et mon pragmatisme √©touffait mes √©motions.

Aujourd’hui, je suis plus relax sur les effets de mes d√©cisions et les cons√©quences de mes actes. D’ailleurs je ne parle plus vraiment de d√©cision mais de volont√© du moment. Cela n’efface aucune conscience des r√©alit√©s et ne nie aucune existence de l’autre. L’intuition, au contraire, int√®gre tout ce qui m’entoure car mes sens le per√ßoivent plus ais√©ment et plus fort que par le biais du raisonnement intellectualis√©. Finalement, l’intuition me donne une impulsion imm√©diate l√† o√Ļ mon intention me contraint puisqu’elle poursuit un but, avec un temps √† attendre et de la peine √† l’atteindre.

L’intuition n’a rien d’infaillible : en la suivant, je peux √™tre √©tonn√©e ou d√©√ßue mais je ne serai pas d√©stabilis√©e et, surtout, jamais dans le regret. C’est cela qui m’importe : j’aurais emprunt√© le chemin de la nouveaut√© et de la d√©couverte, tout en ressentant au cŇďur de moi que je fais ce que je dois faire ou que je vais l√† o√Ļ il est bon pour moi d’aller.

Il m’arrive m√™me parfois de ressentir une voix qui me le souffle. C’est ce qui se produit de fa√ßon majeure lorsque je pris un virage √† 160¬į il y a quelques ann√©es, changeant absolument tout dans ma vie. Mon couple, ma vie de famille, mon travail, mon logement, la totalit√© de mes biens mat√©riels et nombre de relations furent boulevers√©s √† partir d’un ressenti profond que c’√©tait le moment, le vrai bon moment… Et malgr√© le passage d√©licat de certains gu√©s, j’ai pu √©prouver de la confiance dans ce large mouvement intuitif et v√©rifier, des ann√©es apr√®s, que non seulement je n’avais pas trahi ce que j’√©tais mais que je cheminais -enfin- vers celle que je suis.

Je n’en fais pas une doctrine, mais lorsque je m’√©gare et menace de me perdre, je me reconnecte √† mon intuition (et la m√©ditation en est le vecteur id√©al) et cela me soulage. De temps en temps, cette voix du cŇďur n’est pas assez audible et suppose une part de r√©flexion pour porter √©cho. Selon l’√©crivain Romain Rolland ¬ę¬†c’est √† l’intelligence d’affiner l‚ÄôŇďuvre de l’intuition¬†¬Ľ. Je ne voudrais ainsi pas n√©gliger la force de l’intention, en particulier dans son pouvoir de gu√©rison : mes intentions positives d’aller mieux, de regarder l’existence avec joie et de savourer l’instant pr√©sent sont belles et bien des √©manations de ma volont√© concr√®te que le bonheur soit ici et maintenant et que j’ai bien l’intention d’aller le chercher. J’ai envie de dire que, lorsque l’on se conna√ģt bien, l’intention devient la traduction, en acte, de l’intuition.

L‚Äôintuition, elle, est physique : le corps exprime un souhait puissant qui, traduit par le cerveau, dirige nos pas. Il en va ainsi du besoin soudain de faire une ¬ę¬†cure¬†¬Ľ d’un aliment, de telle plante, de prendre rendez-vous chez un praticien de type naturopathe ou hypnoth√©rapeute, sans identifier nomm√©ment le but de cette d√©marche. Ou bien, ce jour, je ressens que je dois appeler cette amie ou lui faire un message de soutien, sans savoir ce qu’elle traverse vraiment. Comme si l’effluve de son mal-√™tre est parvenu jusqu’√† moi.

C’est de cette mani√®re que je me laisse porter par des √©lans intuitifs et cr√©atifs comme lorsque je jouais enfant, temp√©rant mon cerveau en perp√©tuel mouvement. C’est gr√Ęce √† ce sixi√®me sens que d√®s l’enfance j’appris √† faire le cam√©l√©on ou √† rejoindre un monde parall√®le chaque fois que n√©cessaire afin de me prot√©ger des effets de mon hypersensibilit√©.

Le sixi√®me sens, le septi√®me sens, le troisi√®me Ňďil : quel que soit son nom, un guide garde ma main dans la sienne.

Et vous, vous est-il arriv√© d’√™tre physiquement emp√™ch√©(e) au moment de dire ou faire quelque chose, comme si une main invisible vous retenait? Et, sans qu’il vous soit besoin de r√©fl√©chir, le choix d’aller dans un sens ou vers une personne s’impose-t-il naturellement ? Ou bien conservez-vous une place plus grande √† la d√©termination?

EnregistrerEnregistrer