Voici une légende mettant en lumière une divinité féminine, ce qui est assez peu courant dans le bouddhisme, la plus connue étant Tara.

« Guan Yin était la fille du roi Miao Zhong, sous la dynastie Zhou. La sainteté de la jeune fille lui inspira d’entrer dans un couvent bouddhiste, mais son père fit tout pour s’y opposer; il demanda à la mère superieure du couvent de faire travailler sa fille nuit et jour pour la dégouter de la vie monacale mais des animaux vinrent l’aider pour mener à bien ses travaux. Voyant son echec le roi finalement la fit tuer. L’âme de Guan Yin descendit alors aux Enfers, où sa pureté transforma le funèbre séjour en paradis. Les dieux des Enfers s’en alarmèrent et demandèrent au Bouddha de la ramener. C’est ainsi que la vie lui fut rendue et elle réapparut sur une île où elle protégea les marins des tempêtes.
Son père ne tarda pas à être frappé de la peste et atteint de cécité. Guan Yin lui offrit ses yeux pour qu’il recouvre la vue. Il ordonna alors que l’on érigeât une statue de sa fille. Le sculpteur ne comprit pas très bien les instructions du monarque et il créa une statue à mille bras et mille yeux. Il fut si ému par la générosité et le désintéressement de sa fille qu’il devint un saint homme. En retour, sa propre conversion rendit la vue et les bras à Guan Yin. »

Mais une autre explication nous est livrée pour ce qui est de l’aspect à mille bras de Guan Yin, c’est la légende chinoise suivante extraite des « Légendes complètes de Guan Yin et des mers du sud » :

« Par compassion, Guan Yin fait voeu de ne plus se reposer tant que tout les êtres ne seront pas libérés du Samsara. Malgré tous ses efforts, elle réalisa rapidement que de nombreux êtres restaient à libérer. Après s’être donné autant de mal à comprendre les désirs et besoins de tant d’êtres, sa tête éclate en onze morceaux. Le Bouddha Amithaba, voyant sa peine, lui donna alors onze têtes pour pouvoir mieux entendre et voir les misères du monde. En entendant ainsi tout les pleurs du monde, Guan Yin tenta d’aller les aider, mais rapidement ses bras tombèrent en morceaux. Voyant cela Amithaba vint de nouveau à son aide et lui donna alors mille bras avec lesquels aider la multitude. »

Ce qui me plaît dans les légendes, c’est qu’elles sont finalement vivantes et que l’interprétation reste libre…

Guan-yin est donc la forme chinoise de la divinité bouddhiste Avalokitesvara*, un des bodhisattvas les plus vénérés qui a subi une féminisation à compter des Songs, sans doute sous pression populaire. Elle aide tous les êtres de la terre à atteindre l’illumination.
Déesse de la miséricorde et protectrice des enfants, elle revêt plusieurs formes différentes, tantôt masculine, tantôt féminine. Elle est souvent dépeinte comme une femme habillée de blanc, debout sur un lotus et tenant un enfant en bas âge car elle aidait les femmes à avoir des enfants.

*dans le bouddhisme elle souvent est représentée sous les traits du bodhisattva à mille bras et mille yeux : Avalokiteshvara.

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