Le conte du mois est tiré du Mahabharata, un des plus grands livres du monde, du moins le plus long poème jamais composé, écrit en sanscrit, environ quinze fois plus long que la Bible. *

“Un homme s’avance dans une for√™t obscure et peupl√©e de b√™tes f√©roces. La for√™t est entour√©e par un immense filet. L’homme est touch√© par la peur, il court pour √©chapper aux fauves, il tombe dans un puits noir. Par un prodige, il reste accroch√© √† des herbes, √† des racines enchev√™tr√©es. Il sent le souffle chaud d’un immense serpent qui ouvre sa gueule, au fond du puits. Il va tomber dans cette gueule, au bord du trou un √©l√©phant gigantesque va l’√©craser, des souris blanches et noires grignotent les racines auxquelles l’homme est pendu, des abeilles dangereuses volent au-dessus du trou et laissent tomber des gouttes de miel….

Alors, l’homme tend le doigt, doucement, avec pr√©caution, il tend le doigt pour recueillir les gouttes de miel. Menac√© par tant de dangers, au bord de tant de morts, il ne peut pas atteindre l’indiff√©rence : le go√Ľt du miel l’anime encore”.

Mon voeu : puisse-t-on ne jamais perdre le go√Ľt du miel.

*in Le Mahabharata de Jean-Claude Carrière (Ed. Pocket)

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