Il s’agit de poèmes de bonzes, moines du bouddhisme chan (zen en japonais) qui vécurent entre le VIe et le XVIIe siècle. Domaine peu connu de la poésie chinoise, leur caractéristique commune est d’user d’une langue en apparence extrêmement simple avec un recours fréquent aux même images, donnant voix à une spiritualité et non à des sentiments.

Les abeilles

De leur dard elles sucent le parfum des pistils,

Mais leur satisfaction vient au-delà des fleurs.

Le trou franchi où passe la route de la vie;

On parcourt sans limite un envol sans entrave.

(Tianfengci)

Le chan est une voie bouddhique parmi d’autres. Il vise l’illumination soudaine ou progressive : les deux écoles existent. A la différence des autres écoles, il ne passe pas par le raisonnement ou la dévotion mais par la méditation. Celle-ci permet de rester conscient sans être conscient de quelque chose, parce que la personne pense sans penser quelque chose, elle découvre sa véritable nature et celle de l’univers (…) expérience non transmissible pas le discours.

Le visage de la mort

 

L’esprit a pris congé du chemin de la vie,

Ame errante qui entre dans la passe des morts.

Je n’entends par milliers que ceux qui y pénètrent,

Et jamais je ne vois un seul en revenir.

Le cheval nous attend, et déjà il hennit ;

les fleurs dans le jardin sont vouées à se faner.

Depuis longtemps je cherche la vérité suprême,

pour éviter la tombe perdue dans les montagnes.

(Sanshui Dashi 497-569).

in Poèmes Chan, ed. Picquier poche.

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