La Gonette n’est pas le nom d’une petite grenouille ou d’un fruit coloré, mais d’une monnaie! Dans une bande dessinée? Non, dans la vraie vie.

Il s’agit d’une Monnaie Locale Complémentaire (MLC) qui permet de réaliser des achats locaux, utiles et responsables, dans une gamme très large de produits et de services, un outil pour donner très simplement un peu plus de sens à notre comportement de consommateur.

C’est un exemple d’actions de colibri, vous savez, ce petit oiseau qui fait sa part… en l’occurrence un colibri lyonnais (le « gone » est l’enfant du pays lyonnais en langage local).

La raison de la création de cette monnaie citoyenne est explicitée sur le site dédié à ce nouvel usage : http://www.lagonette.org/pourquoi-une-monnaie-locale-et-complementaire/

« Nous avons trop souvent une vision statique de la monnaie : notre porte-feuille, notre compte en banque etc…Pourtant, nous devrions nous rappeler que la richesse ne se crée QUE lorsque la monnaie circule !

Or aujourd’hui, 98% des transactions se font sur les marchés financiers, pour seulement 2% dans l’économie réelle.

Bon, l’économie réelle, c’est facile, vous connaissez, ce sont l’ensemble des biens et des services que nous pouvons nous fournir au quotidien (logement, alimentation, énergie, transports, loisirs etc… même les impôts y sont comptés, c’est dire…).

Pour les marchés financiers, les 98% sont répartis de la sorte :

  • 60% de ces transactions servent à spéculer sur la hausse et la baisse du prix des matières premières, des marchandises, de l’immobilier, des actions d’entreprises, et même des risques (assurances) etc…
  • 34% de ces transactions servent aux conversions de devises.
  • 4% de ces transactions servent à financer de l’appareil de production pour l’économie réelle… C’est peu !! »

Alors l’idée d’utiliser une monnaie locale pour contrecarrer ces pratiques économiques et financières est née.

Le principe est simple : on échange ses € contre des Gonettes* – chez un partenaire comptoir de change – qui ne seront utilisées que dans l’économie locale pour un bien ou un service précis, afin de favoriser les échanges. Il en existe une trentaine en France. A titre d’exemple, la monnaie locale Basque, l’Eusko, a observé la création de 200 nouvelles relations commerciales entre les acteurs du réseau. Cela indique que la monnaie locale stimule de manière mécanique le maillage des acteurs locaux et renforce ainsi la résilience de l’économie locale.

*1€=1Gonette, matérialisée par un coupon-billet (qui ressemble aux billets de Monopoly). Un large réseau de commerçants acceptent désormais cette monnaie. Ils s’agit de partenaires agréés (restaurants, commerces alimentaires, habillement, culture, santé, transport, produits de l’agriculture et de l’élevage, etc…) qui respectent la charte de la Gonette : local, social, humain, écologique.

J’ai donc opté pour effectuer à l’avenir quelques transactions en Gonettes, afin de favoriser le tissu économique local, la circulation – et non la spéculation car cet argent ne peut être placé – de la monnaie et alimenter un réseau solidaire ainsi que des projets coopératifs et équitables  menés par l’association.

Il ne s’agit pas de réduire mes échanges à un tissu local tourné sur lui-même, exclusif des autres systèmes et des autres territoires (cela s’appelle le protectionnisme, dont on sait qu’il peut mener au désastre). Mais cela me donne au moins le sentiment d’avoir une alternative et d’apporter ma part à l’économie solidaire de mon territoire, en me réappropriant, à travers le pouvoir d’achat, le pouvoir d’agir.

 Pour en savoir + : www.lagonette.org

gonette

NDLR : n’hésitez pas à proposer des sujets pour le Positif Illustré, toute bulle d’optimisme est la bienvenue dans le champ des possibles de notre société moderne…

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